Hiver

02 septembre 2022

Bien que j’aie – comme probablement beaucoup – pu profiter de vacances bénéfiques, le monde qui nous entoure n’a malheureusement pas été immobile. Alors qu’au début de cette année, nous pensions être libérés du coronavirus et espérions enfin entrer dans le royaume de la liberté, aujourd’hui le monde est plus que jamais en feu. Et cela à une échelle qui semble sans précédent dans l’histoire moderne. Un long hiver approche à grands pas.

Certes, les crises sont de tous les temps et se produisent régulièrement sous toutes leurs formes et capacités. Parfois de courte durée, douloureuse, parfois plus persistante sur une plus longue période de temps. Aujourd’hui, nous ne sommes pas seulement confrontés à une guerre aux frontières de l’Europe. Il y a aussi l’impact économique et social qui est plus aigu que nous aurions pu le craindre il y a six mois. Avec une inflation galopante, une croissance économique négative (les économistes parlent alors de « stagflation »), peut-être des restructurations imminentes et des licenciements dans les secteurs et entreprises.

Et en plus de cela, une crise énergétique qui nous appauvrit tous. De plus, le coronavirus n’est pas encore du tout sorti du monde car en Chine, des millions de villes sont toujours confinées. Et puis il y a peut-être la plus drastique et la plus dévastatrice : la crise climatique qui ébranle le monde entier jusque dans ses fondations. Cette crise est un monstre à plusieurs têtes qui ronge la confiance des gens en l’avenir. La peur et l’incertitude s’installent, prises entre panique et colère. 
 
À cet égard, 2022 pourrait également être un tournant dans l’histoire. La fin d’une ère d’abondance et d’insouciance, comme l’a dit le président Français avec force. Mais la pensée apocalyptique ne nous emmène pas plus loin. « Espérer le meilleur, se préparer au pire » a longtemps été mon mantra pour traverser une crise. Permettez-moi d’être clair: cette crise ne sera pas terminée demain, et l’impact se fera sentir dans de nombreux domaines de la société pendant de nombreuses années à venir. Le Premier ministre De Croo a parlé cet été d’une crise que nous allons ressentir pendant 5 à 10 ans. Il faudra du courage et de la persévérance de la part de chacun d’entre nous pour traverser cette crise. Il n’y a pas de grande solution miracle. Et par-dessus tout, nous devons nous prémunir contre les prophètes de malheur qui prétendent le contraire. Leurs intentions sont rarement nobles ou sincères. C’est aussi ce que le passé nous a appris.
 
La sortie de crise devra être un cocktail de nombreuses mesures, grandes et surtout petites. Un long effort soutenu. Pas un sprint intermédiaire, mais un marathon avec de nombreux obstacles en cours de route. Cela exigera de grands efforts et de grands sacrifices, faisant appel au sens des responsabilités de chaque citoyen, de chaque communauté. Et cela dans le monde entier. Par-dessus tout, cela exigera également un effort conjoints. Car s’il y a une chose que le peuple ukrainien nous a apprise ces derniers mois, c’est que nous devrons y aller ensemble, épaule contre épaule, par essais et erreurs, et parfois aussi par retour en arrière. Mais avec la détermination d’atteindre l’autre rive ensemble. Sans laisser personne derrière. Chaque crise est aussi l’occasion d’un monde différent et meilleur.
 
Je nous souhaite bonne chance.